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Laeticia N’CHO TRAORÉ

DG du Groupe Addict

Laeticia N’CHO TRAORÉ

Directrice générale du Groupe Addict

REINE DE BEAUTÉ, REDOUTABLE FEMME D’AFFAIRES ACCOMPLIE

BELLE À L’IMAGE DES FEMMES AFRICAINES, ELLE NE S’EST PAS CONTENTÉE DE SON CHARME. FIDÈLE AUX PRÉCIEUX CONSEILS DE SA GÉNITRICE, MISS CÔTE D’IVOIRE 1998 A SU TRANSFORMER SON PARCOURS EN UNE REMARQUABLE RÉUSSITE PROFESSIONNELLE.

En 1998, elle est d’abord élue Miss Aboisso, puis le choix aussi bien des jurés que du public se porte sur elle. Et c’est sans surprise qu’elle est désignée Miss Côte d’Ivoire, lors de la finale de ce concours ivoirien de beauté, c’est-à-dire, la plus belle fille du pays. En effet, tout le monde était unanime face à la beauté et la grâce de cette jeune fille frêle, l’air un peu timide mais très agréable ; très courtoise et très respectueuse.  Mais, comme elle aime à le raconter, sa mère lui a fait comprendre qu’un beau minois, certes, c’est déjà un atout, mais voilà, il se fane avec le temps. En revanche, une tête pleine, d’excellentes études, une solide formation sont des atouts encore plus précieux que la beauté, qui sont des trésors que l’on garde pour la vie.

Alors, fort de ce sage conseil -les mamans ont toujours raison-, la petite Laeticia décide de faire de sa vie non plus un conte de fées pour petites filles, mais une véritable réussite professionnelle. Elle s’envole donc pour la France, principalement à Nantes où à I’Institut National des Techniques Économiques et Comptables (INTEC), elle décroche un premier parchemin : le Diplôme d’études comptables et financières (DESCF). Telle une boulimique, elle refuse de lâcher du lest et continue sa quête du Savoir censée la conduire vers les sommets. Viendront ensuite les sciences politiques et, plus tard, un Advanced Management Program à MDE Business School Abidjan, une école spécialisée dans le Management et le Développement des Entreprises ; enfin, l’Institut d'Études Supérieures de Commerce (IESE) à Barcelone en Espagne.

Aux âmes…

Aller toujours plus loin tant qu’elle en a la force et le désir, parce que cette jeune dame fait partie de cette race de bosseurs acharnés que rien ne rebute, même pas de très longues études et des formations à tout va : « Je suis une bosseuse reconnue et je travaille énormément pour y arriver. Je ne m’enorgueillis de rien, car le meilleur reste à réaliser. »  Déjà, à 24 ans, elle applique cette maxime célèbre que Pierre Corneille fait dire à Rodrigue, dans Le Cid : "Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années". Aussi crée-t-elle sa première entreprise à Angers, en France. Chemin faisant, elle décide tout de même de revenir au bercail sur la terre de ses ancêtres, la terre qui l’a vue naître. Il y a un hic : l’environnement des affaires ne lui est pas familier. Qu’à cela ne tienne ! La business woman délaisse un temps sa casquette de PDG pour s’immerger dans le marigot des entreprises ivoiriennes.

L’aventure commence, d’abord, par Voodoo Group, une des sociétés de communication les plus en vue du pays ; ensuite, Côte Ouest, qui n’est autre que l’un des plus importants distributeurs africains de programmes télévisés.  Retour et choix gagnants puisqu’elle en devient la Directrice Générale Afrique francophone en charge de 26 pays. Que ce soit la Communication, le Marketing ou les Finances, tous ces chemins mènent à Rome, c’est-à-dire vers son but ultime qui est l’entrepreneuriat : « J’ai l’entrepreneuriat profondément ancré dans mon ADN », reconnaît-elle. Pour ce faire, cette baroudeuse professionnelle est passée d’abord par un cabinet pour enchaîner dans le domaine du Conseil, puis dans la Communication et pour terminer dans l’Audiovisuel. Un éclectisme professionnel qui rendrait nombre de personnes folles, mais pas elle. Elle aime si ce n’est plutôt qu’elle adore être dans le feu de l’action, sentir l’adrénaline monter, courir mille endroits, inventer, s’inventer, se réinventer à coups de formations, de projets, d’initiatives : « J’ai encore beaucoup à apprendre et à donner et je sais que je peux réaliser de belles choses en persévérant dans ce que je fais. »

Beaucoup à apprendre et à donner

Focus tant sur ses objectifs que sur ses ambitions, Laeticia N’CHO-Traoré est aux commandes depuis 2026 de sa holding, le Groupe Addict qui regroupe toutes les entreprises qu’elle a au fil des années forgées et qu’elle qualifie à juste titre comme étant « un acteur clé du développement de l’Afrique ». Et il n’y a pas de raison que cela en soit autrement. Si « certains y sont arrivées et y arrivent », avance-t-elle, pourquoi pas elle; elle qui continue de  rêver grand et qui ne se fixe aucune barrière, aucune limite ? Toute barrière pouvant être franchie pour qui a la volonté, elle a jeté son dévolu, pêle-mêle, sur la Conciergerie de luxe, la Restauration hors-domicile, l’Agro-transformation, le Conseil et l’accompagnement des PME, l’Evénementiel et l’Immobilier. Avec, notamment, Addict Properties, une société de catering et de fourniture de services aux hôtels, Addict Food and Services, la Conciergerie 3W, premier fournisseur de services haut de gamme.

Volonté farouche

Femme de défis, elle saisit chaque opportunité, utilise chacune de ses méninges, sa force mentale, chaque bribe de toutes ses formations glanées çà et là, toutes les épreuves subies pour en faire des objectifs, des plans qu’elle transforme en réalités, à l’exemple du Salon de l’Epargne, un évènement qui, chaque année, draine du beau monde du secteur des Finances, co-organisé avec Ecobank, une des meilleures banques africaines. D’une volonté farouche, cette self made woman ne lâche rien. Avec elle, les jours se suivent, mais ne se ressemblent et il en faut du souffle, beaucoup de souffle pour la suivre dans cette débauche de créativité et de créations, puisque l’Apéro Cash, pour permettre au commun des mortels, au citoyen lambda de se familiariser avec l’univers de la Finance, c’est encore elle. De même que le Podcash, un podcast visant à rendre moins barbares, faire rentrer dans les foyers et rapprocher les populations de tous les termes liés à l’épargne et aux investissements. Un projet qui a valeur d’éducation, s’étant assignée pour mission d’éduquer les Ivoiriens en particulier et les peuples africains en général à l’importance de l’épargne et des investissements.

Ce sont des valeurs qu’elle inculque dans son Livret Cash, un indicateur pour ceux qui veulent investir dans l’Uemoa. Cette autonomie financière des Africains par le biais de l’épargne et des investissements, est devenue aujourd’hui non pas un violon d’Ingres, mais quelque chose qui la porte, la nourrit, la guide et s’attache à elle tel un sacerdoce soulignant ce besoin impérieux qu’elle a de voir germer ces graines plantées auprès de la jeunesse pour « leur apprendre à être des épargnants actifs » sachant « maîtriser les règles et être capables d’épargner et d’investir pour se constituer un patrimoine. » Le classement Choiseul Africa 100, une initiative du think tank parisien Institut Choiseul, ne s’est donc pas trompée en la distinguant, six années de suite, parmi les leaders économiques africains de moins de 40 ans. D’autres distinctions, sur le plan international, sont venues nourrir son tableau de chasse, en l’occurrence le Crans Montana Forum à Bruxelles ; puis, le sacre en tant que femme entrepreneure de l’année, en mars 2018, à Nairobi au Kenya par l’African Growth & Youth Programs), une branche du MEDEF.

Un cœur d’or

Derrière cette volonté de fer se cache également un cœur d’or ; d’où la création d’une ONG destinée à assister les enfants en difficulté, notamment ceux souffrant d’hydrocéphalie, en leur fournissant du matériel médical, tels des valves et des kits opératoires. Á ces actions, s’ajoutent aussi la mise en place de bibliothèques dans certains villages, le parrainage d’enfants par le truchement du financement de leurs études et l’aide apportée à certaines ONG dont le combat n’est pas assez connu.