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MADEKA KOUADIO-TIMMERMAN

Artiste-chanteuse, cheffe d'entreprise

L’AUDACE AU FEMININ

MADEKA KOUADIO-TIMMERMAN

Artiste-chanteuse, cheffe d'entreprise

Officier de l’Ordre du Mérite ivoirien 

 

COMME UNE ETOILE FILANTE

ELLE FORGE SON DESTIN ENTRE LA COTE D’IVOIRE ET LA FRANCE. ARTISTE ACCOMPLIE, ENTRE MUSIQUE, DANSE ET AUDIOVISUEL, ELLE FONDE A PUTEAUX CINEKITA, UNE ENTREPRISE DE DOUBLAGE ET DE POST-PRODUCTION QUI REUNIT UNE TRENTAINE DE SALARIES ET PLUS DE 500 FREELANCES.

Madéka, contraction lumineuse de Madeleine Kouadio Aya, est une femme qui a tissé son destin entre la scène et le studio. Entre la Côte d’Ivoire et la France, entre la douceur d’un chant baoulé et la rigueur d’une salle de montage parisienne.

Née à Abidjan dans une famille modeste, elle est, dès l’enfance, bercée par le chant de sa mère, une artiste traditionnelle, et les gestes précis de son père, blanchisseur à Port-Bouët 2. Avant même de savoir écrire, elle sait vendre :  eau glacée, oranges, beignets. Elle apprend très tôt que la vie se mérite, se construit, se chante.

Très jeune, elle tente sa chance à l’Orchestre de la RTI, dirigé par le rigoureux Assalé Best. Refusée une première fois, elle revient plus forte. À 18 ans, elle devient choriste. Puis, la scène s’ouvre à elle comme un écrin. En 1990, sa voix éclate au grand jour avec «Tam-Tam d’Afrique», un morceau aux accents funk, soutenu par des cuivres éclatants et des chœurs envoûtants. Un titre enregistré en France dans de bonnes conditions. Le titre fait le tour des radios, traverse les nuits abidjanaises comme une danse de feu. Dans un souffle entre l’anglais, le français et le baoulé, elle chante : «Tam-tam d’Afrique parle que je te danse, résonne, résonne que je danse… ».

Entre scène et studio…

Mais Madéka n’est pas une étoile qui se contente de briller : elle veut durer. Elle qui avait quitté Abidjan pour Paris, poursuit maintenant des études au Conservatoire Alfred de Vigny, et continue d’enregistrer. Pourtant, une autre voix intérieure l'appelle, celle du cinéma. Et elle l'écoute.

En 1996, dans une salle de bain transformée en studio, naît Cinekita. Une entreprise modeste, mais ambitieuse, dédiée au doublage et à la post-production audiovisuelle. De ce petit espace va émerger une structure florissante. Elle s’installe à Puteaux, à deux pas de La Défense, dans l’un des quartiers les plus chers d’Europe. Là, elle bâtit un empire discret où se croisent comédiens, traducteurs, techniciens. Elle compte aujourd’hui une trentaine de salariés à Abidjan et en Europe, auxquels vient s’ajouter un dynamique réseau de travailleurs freelances employés au mois et à l’année.

 

…L’harmonie d’un tandem

À ses côtés, un homme. Un roc. Timmerman, son époux. Ancien pompier français, il abandonne son uniforme pour rejoindre l’aventure de Cinekita. On le surnomme affectueusement Koffi. Ensemble, ils forment un tandem rare, un couple solide qui transforme l’union conjugale en projet commun. Ce qu’ils construisent à deux dépasse les murs de l’entreprise : c’est une famille de voix, d’images et de rêves partagés.

En 2012, Madéka revient à Abidjan et y installe une antenne de Cinekita aux Deux-Plateaux. Là encore, elle transmet. Chaque trimestre, elle forme vingt nouveaux comédiens, croyant fermement au potentiel des talents africains. Pour elle, le doublage n’est pas qu’une technique, c’est un art de raconter le monde autrement.

 

Et puis, la musique. Elle ne l’a jamais quittée. En 2013, elle produit Bailly Spinto, puis se réinvente elle-même en reprenant « Abidjan » de Kéké Kassiry, en hommage à la ville de ses premiers battements de cœur, à l’occasion de la CAN 2024.

                                                 Tout en mérite

Décorée Officier de l’Ordre du Mérite ivoirien le 27 mai 2019 par la Grande Chancellerie de l’Ordre national de Côte d’Ivoire, Madéka reste une femme simple, chaleureuse, toujours prête à accueillir, à conseiller, à transmettre. Elle aime rappeler aux jeunes que les rêves sont faits pour ceux qui osent les poursuivre avec le cœur, la rigueur et le travail.

Aujourd’hui, elle regarde ses deux fils et ses petits-enfants comme on contemple un avenir à semer. Et dans sa voix résonne encore ce chant ancien, ce tam-tam d’Afrique qui l’a révélée, cette musique de l’âme qui fait vibrer le monde.