PATRICA ZOUNDI YAO
Directrice générale de Canaan Land Africa, Présidente du MPME
DÉESSE DE L’AGRICULTURE INCLUSIVE ET DURABLE
Directrice
générale de Canaan Land Africa, elle
est la première femme qui préside au destin du Mouvement des Petites et
moyennes entreprises (MPME). Une faitère qui réunit les Patrons de tous les secteurs d'activité.
« C’est un fait indéniable, la Côte d’Ivoire reste fortement dépendante
de l’importation de produits alimentaires. Et pourtant, ces importations ne
sont pas une solution d’avenir à mes yeux. Non seulement, elles représentent
près de 70 millions de dollars pour les fruits et légumes seuls, mais nuisent
également à l’environnement sans parler du réchauffement climatique, alors que
certains produits n’ont tout simplement pas besoin de parcourir des milliers de
kilomètres avant d’arriver dans les mains des consommateurs, d’autant plus que
nous avons une solution, ici et maintenant ; nos agriculteurs et
agricultrices ». Celle qui s’exprime ainsi est Patricia Zoundi Yao. Et
Canaan Land, c’est elle. Un nouveau
concept pour booster l’agriculture inclusive et durable.
Penser autrement
l’agriculture
Société
fondée avec des associés pour guider les Africains, comme Dieu l’a fait avec le
peuple Juif lors de leur départ d’Egypte vers la terre promise où coulent le
lait et le miel, elle trouve dans ces deux termes, Canaan et Land, des notions intégrant les
Objectifs du Millénaire pour le Développement Durable (OMD) qui promeuvent une
agriculture éco-responsable, respectueuse de l’environnement, de la santé de
l’humain et faite par de petites coopératives, de petites structures, des gens
du monde rural pour leur assurer des bénéfices sûrs. Vivre décemment et
avec dignité du fruit de leur travail, tel est le modèle économique vertueux
aux antipodes de ces grands groupes agro-alimentaires, ces multinationales «forêtivores»,
dévoreuse d’espace, et de l’environnement qui ont pignon sur rue.
Ainsi donc, depuis
2015, elle a pris son bâton de pèlerin pour non seulement prêcher la bonne
nouvelle, mais agir. Surtout. Changer les mentalités. Impulser une nouvelle
donne. Remettre l’Afrique, les Africains sur les rails du passé du temps où
l’agriculture était certes synonyme de santé, mais aussi de fierté et de
récompenses financières. Ramener l’Afrique, les Africains, leur ré (inculquer)
l’amour de la terre. La vraie. Pas celle qu’on abîme à coups de produits chimiques
au nom du dieu argent. Leur (ré) apprendre la richesse d’une terre, d’une
agriculture authentique, ne tirant sa sève que de cette mère nourricière qui
est la terre. Notre héritage.
Noble combat
Ce plaidoyer et ce
combat furent récompensés et salués au plus haut niveau, en avril 2019, lors du
premier Sommet régional de l’Initiative de financement en faveur des femmes
entrepreneurs, Women Enterpreneurs Finaance Initiative (We Fi) en Afrique de
l’Ouest. A ce Sommet organisé par la Banque mondiale, la Banque africaine de
développement et la Banque islamique de développement en présence de la
directrice générale du groupe de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva,
Ivanka Trump, fille et conseillère spéciale du président des USA, Donald Trump,
son plaidoyer marque les esprits. Le président du groupe de la BAD, Akinwumi Adesina,
lui fait l’honneur de lui demander de revenir sur la scène après sa communication.
Le tout puissant Patron de la prestigieuse banque africaine prend, devant toute
l’assistance, l’engagement de son institution à l’accompagner dans ce noble
combat.
Au nom de ma mère
Ce soutien public,
international, est la reconnaissance, à sa juste valeur, de l’importance de ce
sacerdoce qu’elle a décidé d’endosser. Au-delà de cette reconnaissance, de cet
hommage rendu à la qualité de son travail, au-delà de la célébration de cet
engagement d’une vie, au-delà de cet honneur immense, en dehors de l’émotion
qui l’étreignait, et des larmes qui lui montaient aux yeux, Patricia Zoundi Yao
avait la tête, loin, là-bas, auprès de cette femme, leur mère, à qui elle doit
tout, et sans qui, elle ne serait pas en présence de ce parterre de
personnalités. Elle a leur a tout donné, ne se souciant que de leur réussite,
de leur bonheur. Un modèle. Son modèle. Une référence. Une figure digne de
siéger à la table des grands de ce monde, tant elle leur a donné sans jamais se
plaindre : « Ma mère est mon modèle de femme ; car
elle s’est battue pour que ses enfants aient accès à l’éducation.» Le
président Paul Kagamé du Rwanda, avait déjà également eu la faveur de
l’entendre exposer sur cette nouvelle vision de l’agriculture en Afrique et
faite par des Africains.
Le respect de
l’environnement
Canaan Land, l’entreprise où « coule le lait et miel » travaille
avec 500 agricultrices et a développé une agriculture sous serre pour produire
des fruits et légumes de qualité, quelles que soient les saisons, destinés aux
centrales d’achat de supermarchés, hôtels et restaurants. Son maître-mot: le
respect de l’environnement. Leadership reconnu et salué également par plus de
2500 de ses pairs, elle est, élue depuis le 1er octobre 2021, la
première femme pour présider au destin de leur Mouvement des Petites et
moyennes entreprises (MPME), l'une des organisations patronales les plus
représentatives des PME en Côte d'Ivoire, qui réunit des patrons de PME de tous
les secteurs d'activité.
Son histoire
L’histoire de la
marche victorieuse de Patricia Zoundi Yao s’est écrite en filigrane pendant des
années.
Fin des années 90. Elle
décroche sa maîtrise en droit des affaires à la Faculté de Droit et de Sciences
politiques à l’université de Ouagadougou, au Burkina Faso. Mais, de travail ?
Point ! En 1999, elle tente de faire des stages. Echec ! Sa mère lui vient à sa
rescousse en lui offrant son magasin, qui lui permet, à partir de cet instant, d’avoir
une activité. Trois années plus tard, grâce à un oncle, elle pose déjà un
premier pas dans l’antre de la Fintech. Elle doit l’aider à étendre, à
accroître son activité dans l’exploitation et la gestion de quatre agences sous
la franchise du géant américain Western Union.
En 2006, mère de famille de
trois enfants, née en 1976, à Aboisso, en Côte d’Ivoire, elle décide de voler
de ses propres ailes, en travaillant à son propre compte, sous le couvert de la
franchise des mastodontes américains Money Gram et Western Union, spécialisés
dans les transferts d'argent internationaux pour les particuliers et les
entreprises. C’est un échec. Elle prend alors du recul pour mieux sauter. De
ses méditations, lui vient une idée : pourquoi ne pas s’adresser au monde rural
? En bonne entrepreneuse, elle flaire le potentiel de cette nouvelle offre
économique au vu du faible taux de bancarisation, du taux élevé de
l’analphabétisme, du manque d’infrastructures, selon des données de la Banque
africaine de développement et de la Banque mondiale.
Eurêka !
Elle pense à… une société de transfert
d’argent dont le modèle économique sera de simplifier les services financiers,
les amener aux clients, toutes couches sociales confondues, surtout dans le
monde rural au travers de services simples d’accès et divers. Une entité qui
fera appel à l’ensemble des nouvelles technologies financières utilisées pour
améliorer les services financiers et dont l’objectif, in fine, est de
simplifier le secteur, le rendre plus efficace, plus sécurisé et moins cher. Aussitôt
pensé, aussitôt mis en ouvrage chez elle, à la maison, en compagnie de deux
collaborateurs. Faisant de Quickcash
(l’argent rapide en anglais) non plus une pensée, une simple idée, mais une réalité. La mayonnaise prend. Une dizaine d’années plus
tard, avec deux associés, elle étend ses tentacules. En plus d’être présente
dans toute la Côte d’Ivoire, Quickcash
c’est aussi le Burkina Faso, le Niger et le Togo. Un bonheur n’arrivant jamais
seul, cette jeune entreprise innovante ouvre son capital à un groupe
ouest-africain pour écrire un nouveau chapitre et voguer vers d’autres
performances. De débutante, d’inexpérimentée, l’autodidacte, Patricia Zoundi Yao,
est depuis lors, devenue par la force des choses, une spécialiste, une
amoureuse, une professionnelle du Fintech
ou Financial Technology qui allie la
Finance et la Technologie.
Après les échecs…les lauriers
Cette approche plaît
et elle en récolte les lauriers, grâce à des distinctions, telles que sa
décoration en tant que chevalier de l’Ordre national et du Mérite burkinabé, Grand
prix de la CGECI Academy Business Competition, Prix du capital intelligent, Prix
spécial du Premier ministre d’encouragements aux jeunes promoteurs pour la
création d’emploi, Prix national d’excellence, catégorie entrepreneuriat jeune.
Des prix mérités pour cette
femme volontaire, née dans une famille de treize enfants et qui, très tôt, à
Okrouyo, dans le département de Soubré où le père leur a insufflé « la
valeur du travail », le goût de l’effort. Un enseignement cher à son cœur
et qui ne la « quitte jamais. « Dès l’époque primaire, pendant les vacances
scolaires, j’arpentais à ses côtés les marchés dans les villages pour proposer ses
marchandises. » Bien que le monde de la finance, du secteur des
paiements soit celui qui a révélé sa résilience, lui a fait découvrir ses
potentialités, l’a révélé à elle-même et au monde, Patricia Zoundi Yao
revendique cependant sa « passion pour l’agriculture. Je peux passer des
heures à lire des livres sur les légumes sans me lasser. »
Entreprendre
encore et encore…
Auréolée de tous ces
prix et sa réputation de pionnière, au-delà de nos frontières, elle continue,
malgré tout, d’apprendre ; ajoutant à son tableau de chasse déjà très
garni, une formation en management (Dale Carnegie) sur le dialogue social, avec
le Centre international de Turin, un diplôme universitaire en Médiation, obtenu
à l’Institut de formation à la médiation et à la négociation (Ifomene) de
l’Université catholique de Paris. Elle est également Membre fondateur du
Mouvement ivoirien des dirigeants et cadres catholiques et s’exprime souvent
sur des sujets sociétaux et économiques dans le souci d’échanger sur son
expérience avec les femmes. Les femmes ? Une autre catégorie au cœur de sa
vie, de ses projets et de ses ambitions. Les voir prendre leur destin en mains.
Travailler d’arrache-pied, sans rien lâcher. Entreprendre encore et encore sans
abandonner. Jamais. Afin qu’elles se relèvent après chaque chute. Faire d’elles
de vraies entrepreneuses sans peur et sans reproches et aux dents longues.
…Au nom des femmes
Elle entend former des femmes qui ont confiance en elles, ainsi qu’en leurs capacités, pour leur transmettre le goût du risque mais surtout le pouvoir de réaliser leurs rêves : « J’essaie au maximum d’œuvrer pour que l’entrepreneuriat féminin se développe. Je suis mentor des programmes, tels que la CGECI Academy et Women Business. Au-delà, je prononce des conférences dans les écoles et universités pour amener les jeunes étudiantes à considérer la piste de l’entrepreneuriat ; j’utilise la légitimité que me confèrent les titres de reconnaissance que j’ai reçus pour créer des réseaux et pour discuter avec les pouvoirs publics afin qu’ils créent un climat plus favorable à l’entrepreneuriat féminin. »